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Le guide

Les symboles du génogramme

Un génogramme n'est pas un dessin libre : c'est une écriture. Chaque forme, chaque trait et chaque marque a un sens fixé, ce qui permet à un confrère de lire votre schéma sans que vous soyez là pour l'expliquer. Cette page rassemble la notation courante, celle que Monica McGoldrick, Randy Gerson et Sueli Petry ont stabilisée dans Genograms: Assessment and Treatment (4e édition, 2020).

La notation n'est pas normalisée par une autorité : c'est un usage professionnel, très largement partagé mais avec des variantes locales. Ce qui suit est la codification de référence, celle qu'un lecteur formé attendra.

Les personnes

La forme dit le genre. Le trait qui la barre dit le décès. Le double contour désigne la personne autour de qui le génogramme est construit, qu'on appelle le cas index ou patient identifié.

Trois précisions qui reviennent souvent

L'âge, les dates et les états cliniques

L'âge se note dans la forme. Les années de naissance et de décès se posent aux coins, en haut. Une date incertaine se qualifie plutôt que de s'inventer : ~1930 pour « vers », av. 1930 et ap. 1930 pour un encadrement.

Quatre états se marquent sur la forme elle-même, par un remplissage partiel : abus de substances, maladie physique, trouble psychique, et en rétablissement.

Les unions

Une union se trace horizontalement entre deux personnes, l'homme conventionnellement à gauche. La forme du trait dit la nature du lien, et une abréviation datée le précise.

LienTraitAbréviation
MariageTrait pleinm suivi de l’année
Union libreTrait pointilléu.l.
FiançaillesTrait pointilléfi.
SéparationLe trait de l’union, barré d’une obliques suivi de l’année
DivorceLe trait de l’union, barré de deux obliquesd suivi de l’année

Une union consanguine se trace en double ligne : deux traits parallèles rapprochés, qui signalent que les conjoints sont apparentés par le sang.

Les filiations

Les enfants descendent de la ligne d'union par un trait vertical, rangés de gauche à droite du plus âgé au plus jeune. C'est une convention de lecture, pas un détail : elle permet de repérer un rang de fratrie d'un coup d'œil.

FiliationTracé
Enfant biologiqueTrait vertical plein depuis la ligne d’union
AdoptionTrait vertical en pointillé
Placement, famille d’accueilTrait vertical en pointillé
Jumeaux dizygotesDeux traits partant d’un même point, en Λ
Jumeaux monozygotesLe même Λ, fermé par une barre horizontale

La qualité des liens

C'est le calque affectif, dont la source théorique est Murray Bowen (Family Therapy in Clinical Practice, 1978) : fusion, distance, coupure émotionnelle, et transmission sur plusieurs générations. Il se superpose à la structure sans la remplacer.

QualitéCe qu’elle dit
Lien procheRelation investie, chaleureuse
Lien fusionnelProximité qui laisse peu de place à la séparation
Lien distantRelation ténue, peu d’échanges
Lien conflictuelTension ouverte et durable
Fusionnel et conflictuelLes deux à la fois, combinaison fréquente en clinique
Proche et conflictuelInvestissement fort, conflit ouvert
Distant et conflictuelÉloignement et tension
Lien rompuCoupure émotionnelle : le lien est interrompu, pas seulement distendu
Lien rompu puis renouéUne coupure qui a été réparée, ce qui se note à part

Un piège de lecture : sur une ligne d'union ou de filiation, la forme du trait porte déjà une notation — le pointillé d'une conjugale dit l'union libre, celui d'une filiation dit l'adoption. Y superposer une qualité affective rendrait les deux illisibles. La qualité affective se trace donc en lien séparé, au-dessus de la ligne d'union, jamais dessus.

Les ruptures et les violences

La coupure émotionnelle — le cut-off de Bowen — est l'une des notations les plus lourdes du génogramme : elle marque un lien interrompu, distinct d'un simple éloignement. Elle a sa réparation : un lien rompu puis renoué se note différemment d'un lien qui ne l'a jamais été.

Les violences se notent orientées, d'une flèche qui va de l'auteur vers la victime : violence physique, psychologique, sexuelle, et négligence. La violence sexuelle entre parents par le sang porte son propre symbole.

Le foyer

Un cadre en pointillé entoure les personnes qui vivent sous le même toit. C'est une information de ménage, pas de parenté : une grand-mère hébergée, un enfant en garde alternée, un beau-parent y entrent sans que la structure familiale change.

Ce que la codification ne prévoit pas

Il faut le dire franchement, parce que c'est le genre d'écart qui rend un document illisible pour qui le reçoit. La codification de référence place les événements de vie dans la chronologie, à côté du schéma, et ne prévoit aucun symbole pour les poser sur le génogramme lui-même.

SpatioPsy Génogramme ajoute des pastilles lettrées (D deuil, S santé, M migration, J justice…). C'est un ajout, assumé comme tel : elles sont expliquées dans la légende imprimée, et se masquent d'un geste pour un document qui doit s'en tenir au standard.

Références

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Dernière mise à jour : 22 août 2026